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15 février 2012 : 400e anniversaire de naissance de Paul de Chomedey, sieur de Maisonneuve

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Par Mariane Engrand

15 février 2012 : 400e anniversaire de naissance de

Paul de Chomedey, sieur de Maisonneuve

La jeunesse
Calendrier des activités
Paul de Chomedey naît le 15 février 1612, à Neuville-sur-Vanne, dans la région de Champagne, en France. Deux ans plus tard, il hérite du titre de sieur de Maisonneuve puisque son père le dote du domaine du même nom. Il s’agit d’un fief champenois de 226 arpents de forêt. D’après l’historien Marcel Trudel, Paul de Chomedey n’a jamais utilisé son titre de « sieur de Maisonneuve » pour se présenter. Ce n’est qu’après sa mort que les gens prendront l’habitude de le désigner ainsi. Pour Chomedey, un homme se distingue par ses devoirs et ses actions et non pas par ses titres ou ses privilèges.


Signature : Paul de Chomedey

Deuxième enfant de la famille, il a été précédé d’une fille, Louise (l’acte de baptême n’a pas été retrouvé); vint ensuite Paul en 1612, puis Odard, né en 1614 et Jacqueline la benjamine née en 1618. Issu de la noblesse française, Paul de Chomedey porte fièrement les armoiries de ses ancêtres et est élevé dans l’esprit que représente les 3 flammes : l’amour de Dieu, le dévouement à ses contemporains et l’ardent idéal de vaillance.

Armoiries de la famille

Son père initie très tôt son fils à l’art militaire. Dès 13 ans, en 1624, Paul de Chomedey se retrouve sur les champs de batailles de la guerre de Trente ans (1618-1648), où il fait preuve d’une grande bravoure. Blessé au combat, il devra s’astreindre à une convalescence durant laquelle il joue du luth et dévore le récit d’un jésuite missionnaire, le Père Paul Le Jeune, qui raconte sa vie à Tadoussac, en Nouvelle-France. Le jeune homme est fasciné par cette équipée et rêve d’aventures dans le nouveau monde.

La Société Notre-Dame

Fondée en France, en 1639, la Société Notre-Dame se compose d’une trentaine de personnes, dont deux gentilshommes: Jérôme Le Royer, sieur de La Dauversière et le prêtre Jean-Jacques Olier, instigateurs du projet de fondation de Ville-Marie en Nouvelle-France. Paul de Chomedey, qui fait preuve de courage, de droiture et présente les qualités d’un meneur, sera recruté pour mener à bien cette périlleuse mission d’évangélisation. Le 2 mai 1641, deux navires quittent le port de La Rochelle, avec une poignée d’hommes, un prêtre, un jésuite, Chomedey et Jeanne Mance, qui se destine à fonder un hôpital.

L’arrivée en Nouvelle-France

En 1641, le nombre d’Européens établis en Nouvelle-France diffère selon les sources consultées (entre 200 et 500 personnes) postés à Kébec (qui porte toujours le nom amérindien sur les cartes marines de l’époque) et à Trois-Rivières. Lorsque Chomedey et sa recrue, environ une cinquantaine d’hommes, débarquent à Québec, la saison est déjà bien avancée et il décide de passer son premier hiver dans cette ville. Le gouverneur Charles Jacques Huault de Montmagny, qui a remplacé Champlain (mort à Noël, 1635) qualifiera le projet missionnaire de Chomedey de « folle entreprise ». Il lui propose de fonder une ville sur l’île d’Orléans, plutôt qu’à plus de 120 lieues (275 kms) de Kébec. Pour Maisonneuve il est hors de question de dévier de sa mission. Aussi, les lettres patentes du roi font de lui un gouverneur local qui n’est pas subordonné au gouverneur général que personnifie Montmagny. Maisonneuve refuse de se plier à une autre autorité que la sienne et part évangéliser le territoire plus à l’est.

La fondation de Ville-Marie

Ce nom a été choisi par la Société Notre-Dame et les habitants sont nommés les Ville-mariens ou les Montréalistes. Le 17 mai 1642 une messe et une cérémonie marquent la fondation de la future ville. Maisonneuve prend alors officiellement possession de l’île.

Les Montréalistes montent des tentes et entreprennent la construction d’une palissade. Ils ont choisi de s’installer sur la rive droite de la petite rivière Saint-Pierre (aujourd’hui à l’angle des rues de la Commune et Royal, sur le site du Musée Pointe-à-Callière).

Entre Noël et le jour de l’an de cette même année, les eaux du fleuve gonflent et menacent la petite colonie. Tous prient et Chomedey fait alors la promesse de planter une croix sur le mont Royal si le fort est épargné. Une parole qu’il tiendra.

Le 1er Fort en 1643

L’évolution

À l’été 1643, les Iroquois s’en prennent sans relâche aux habitants de la colonie. Ils sont redoutables, capturent, torturent et tuent hommes et femmes. La défense sera une préoccupation constante de Maisonneuve. Heureusement, de nouveaux colons viennent s’établir à Ville-Marie, dont Louis d’Ailleboust de Coulonge, un brillant ingénieur militaire, qui aura tôt fait d’agrandir et de fortifier le fort. Plus tard, lors de ses voyages en France, c’est à lui que Chomedey confiera la direction de la colonie.

L’année suivante, les Iroquois assaillent à nouveau le bourg. Maisonneuve décide de contre-attaquer et contrairement à ses habitudes, sort du fort. Avec une trentaine d’hommes il va à la rencontre d’environ 200 Iroquois. Un tir serré permet aux Ville-mariens d’avancer en position ennemie. Mais les munitions viennent à manquer et Maisonneuve ordonne le retrait. Il se retrouve seul face au chef des guerriers qui s’avance vers lui. Il dégaine ses pistolets et tue son adversaire. Impressionnés, les Iroquois s’enfuient dans les bois et Chomedey rentre au fort en héros.

Chomedey voyage à deux reprises sur le vieux continent et en 1646, alors qu’il est en France, il apprend que Montmagny a été destitué de son poste et on lui offre de devenir gouverneur. Fidèle à ses convictions religieuses il refuse, souhaitant se consacrer tout entier à Ville-Marie et à son projet missionnaire.

Maisonneuve l’intrépide

Paul de Chomedey retrouve Ville-Marie et ses fonctions de gouverneur local à l’été 1647. Alors dans la trentaine, il est de bonne stature et est généralement accoutré d’un capot brun, d’une grande écharpe de laine qu’il porte en bandoulière, de hautes bottes de cuir évasées en entonnoir et de son caractéristique feutre à plumes de coq. Il est pourvu d’un ou deux pistolets à sa ceinture, d’un mousquet et d’un boudrier (bande de cuir) qui contient une dizaine de cartouches. Son épée, qu’il appelle sa « flamberge » n’est jamais bien loin.

Maisonneuve retourne en France en 1651 dans le but, entre autres, de recruter des hommes qui pourront former une milice pour protéger les Montréalistes des assauts répétés des Iroquois. Dans une lettre envoyée à Jeanne Mance il annonce la venue de la première institutrice, la champenoise Marguerite Bourgeoys.

Ville Marie en 1652

Avec une recrue de plus de 100 personnes, Maisonneuve revient à Ville-Marie vers la fin de l’automne 1653. Montréal cesse peu à peu d’être une mission pour devenir une vraie paroisse. En 1657, la première école s’ouvre à Ville-Marie (aujourd’hui à l’angle des rues Saint-Jacques et Saint-Laurent).

En 1659, Jeanne Mance recrutent les premières hospitalières de Saint-Joseph, accomplissant l’un des souhaits les plus chers de M. de La Dauversière. Ce dernier s’éteint le 6 novembre de la même année. En 1660, on estime la population de Montréal à environ 450 personnes. Les années qui suivent apportent la famine et la disette, auxquelles s’ajoutent les attaques sanglantes des Iroquois. En 1663, Maisonneuve crée la milice Sainte-Famille, composée de 139 colons. En mars de la même année, la Société Notre-Dame se réunie pour la dernière fois avant d’être dissoute. La gouverne de Montréal passe aux mains du Séminaire de Saint-Sulpice. Les Sulpiciens s’acquittent des dettes de la Société et maintiennent l’esprit évangélique de la mission de Ville-Marie.

Le départ

En 1665, face aux menaces d’extermination, le roi de France, Louis XIV, déclare la guerre aux Iroquois! En septembre, le lieutenant général de l’Amérique, le marquis Prouville de Tracy, adresse à Maisonneuve ses « remerciements » et « l’autorise » à rentrer en France. C’est dans une atmosphère de tristesse générale que Maisonneuve, « le gouverneur bien-aimé », se résigne à partir et accepte la décision de ses supérieurs. Celui qu’on surnommait affectueusement « le grand taiseux » abandonne sa mission, son idéal, son foyer. En partance vers la France dans la ville de Québec, il croise les milices royales, qui construiront deux forts majeurs : Sorel et Chambly.

Maisonneuve s’installe à Paris, dans le quartier de la porte Saint-Victor, à l’arrière de la montagne Sainte-Geneviève. Humble et discret, il assiste aux messes et offices religieux. Ayant laissé son luth à Marguerite Bourgeoys, il en achète un nouveau et en joue parfois. Il la recevra avec joie à Paris en 1671 pour entendre les nouvelles de la ville et l’aider à mettre sur pied une congrégation d’enseignantes.

De retour à Montréal, avec des lettres patentes et une douzaine d’institutrices, Marguerite Bourgeoys écrit à Chomedey. Elle lui révèle que le supérieur des Sulpiciens, Dollier de Casson, réaménage la ville, redessine le tracé des nouvelles rues et que l’une d’elles, parallèle au fleuve, porte le nom de « Saint-Paul » en son honneur.

Le 9 septembre 1676, Paul de Chomedey, sieur de Maisonneuve s’éteint. À sa demande, son corps repose sous la chapelle des Pères de la doctrine chrétienne, qui a existée à Paris jusqu’au 19e siècle.

Aucun portrait authentique de Chomedey n’existe. Lorsque le sculpteur Louis-Philippe Hébert créa le monument, érigé en 1895 sur la Place d’Armes, il utilisa un modèle fictif.

Portrait imaginé par Albert Decaris (1901-1988)

Afin de célébrer la mémoire et l’œuvre de Paul de Chomedey de Maisonneuve, de nombreuses manifestations auront lieu dans la métropole au cours des prochains mois.
Calendrier des événements

Source :

Tard, Louis-Martin. Chomedey de Maisonneuve, le pionnier de Montréal. Montréal : XYZ, 1994.

Trudel, Marcel. Initiation à la Nouvelle-France ; histoire et institutions. Montréal : Holt, Rinehart et Wilson, 1968.

Trudel, Marcel. Histoire de la Nouvelle-France. Vol. 3.1 & 3.2. Montréal : Fides [1979].


Bibliographie pour adultes

Biographies et roman biographique


Maisonneuve
Maisonneuve

Auteur :
Pierre Benoit

Éditeur :
Paris : Mame


Maisonneuve : le testament du gouverneur : roman
Maisonneuve : le testament du gouverneur : roman

Auteur :
Louis-Bernard Robitaille

Éditeur :
[Montréal] : Editions La Presse


Paul de Chomedey, sieur de Maisonneuve
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Auteur :
Léo-Paul Desrosiers

Éditeur :
Montréal : Fides


Enregistrements vidéo


Montréal colonial [enregistrement vidéo] : la croix et le castor
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Éditeur :
Synercom Téléproductions : Radio-Québec


Montréal en images : ses débuts
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Éditeur :
Radio-Québec


Les origines de Montréal


Habitants et marchands de Montréal au XVIIe siècle
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Auteur :
Louise Dechêne


Les origines de Montréal : actes / du colloque organisé par la Société historique de Montréal, mai 1992
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Montréal : la formation d'une société, 1642-1663
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Auteur :
Marcel Trudel

Éditeur :
Montréal : Fides


Montréal sous Maisonneuve, 1642-1665
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Auteur :
Gustave Lanctôt

Éditeur :
Montréal : Beauchemin


Montréal, 1653 : la grande recrue
Montréal, 1653 : la grande recrue

Auteur :
Michel Langlois

Éditeur :
Sillery, Québec : Septentrion


Romans: Montréal au 17e siècle


Et vogue la galère-- : chroniques de Ville-Marie, 1659-1663
Et vogue la galère– : chroniques de Ville-Marie, 1659-1663

Auteur :
Josée Mongeau

Éditeur :
Sillery : Septentrion


La naissance d'une nation. 1, Thérèse
La naissance d’une nation. 1, Thérèse

Auteur :
Pierre Caron

Éditeur :
Montréal : VLB


Les montréalistes
Les montréalistes

Auteur :
Renée Blanchet

Éditeur :
Montréal : Éd. Varia


Mystères à Ville-Marie
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Auteur :
André Charbonneau

Éditeur :
[Saint-Laurent] : Fides

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Bibliographie pour jeunes

Documentaires


Album d'images : la fondation de Montréal
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Chomedey de Maisonneuve
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Auteur :
Rachel Lamarre

Éditeur :
Montréal : Lidec


Chomedey de Maisonneuve, le pionnier de Montréal
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Auteur :
Louis-Martin Tard.

Éditeur :
Montréal : XYZ


Chomedey de Maisonneuve
Paul de Chomedey : Sieur de Maisonneuve

Auteur :
Manon Plouffe

Éditeur :
Montréal : Isatis


Romans: Montréal au 17e siècle


Fleur des Iroquois
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Auteur :
Marc Séassau

Éditeur :
[Montréal] : Les 400 coups


Jeanne, fille du roy
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Auteur :
Suzanne Martel


Le talisman de Nergal. 5, La cité d'Ishtar
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Auteur :
Hervé Gagnon

Éditeur :
Montréal : Hurtubise HMH


Les coureurs des bois
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Auteur :
Suzanne Martel

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Livre virtuel


Histoire du Montréal, 1640-1672
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Considéré comme le premier historien de Montréal voir même l’un de ses fondateurs, M. François Dollier de Casson, a été militaire, explorateur, prêtre sulpicien et grâce à son ouvrage L’histoire du Montréal, 1640-1672 il représente une source incontournable pour les chercheurs.
Auteur :
François Dollier de Casson


Paul de Chomedey de Maisonneuve, fondateur de Montréal : étude historique et biographique 1640-1665.
Paul de Chomedey de Maisonneuve, fondateur de Montréal : étude historique et biographique 1640-1665.

Auteur :
Honoré Julien Jean baptiste Bouchard.

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Webographie


Dictionnaire biographique du Canada en ligne

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Montréal au temps de la Nouvelle-France

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Site de « La démocratie à Montréal ».


Paul de Chomedey de Maisonneuve

Paul de Chomedey de Maisonneuve

Fiche d’un personnage historique du site « Le patrimoine du Vieux-Montréal en détail ». Courte biographie, suivie d’une recension des rues, des oeuvres d’art, des bâtiments, etc. en rapport avec lui


Sieur Paul de Chomedey de Maisonneuve et la fondation de Montréal

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Vidéo


Reportage dans le cadre de l’émission « Découverte ».


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Fondation de Montréal, Nouvelle-France



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Célébration nationale pour Chomedey de Maisonneuve (Aube)

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